Le logo d’une entreprise est sa carte d’identité, il doit refléter ses valeurs ! Autrement dit, c’est son ADN ! Personnellement, je ne sais pas si c’est une question de déformation professionnelle mais je me fais directement une idée de l’entreprise au premier coup d’oeil quand je vois son logo. Si je tombe sur un logo mal construit, de mauvaise qualité ou qui n’a pas de sens, ça a tendance à me titiller. On fait souvent des erreurs communes au moment de créer un logo et je te liste ici les principales pour t’aider à les éviter !

design graphique graphiste

1- Ne pas faire un travail de recherches en amont

Afin de pouvoir conceptualiser un logo, il est nécessaire de faire un vrai travail de recherches avant tout ! Tu vas te renseigner sur le domaine de l’entreprise, sur les codes couleurs du milieu, sur les logos et couleurs utilisés par la concurrence, sur l’origine du nom, etc. En plus de t’aider à bien faire ton travail ensuite, cette étape te permet d’enrichir ta culture personnelle et ça perso, j’adore !

Recherche google, Pinterest, à la bibliothèque, du côté des studios de design graphique inspirants, c’est par ici que je fais mes recherches au préalable !

2- Ne pas créer de moodboard

Le moodboard est une planche d’inspiration dans laquelle tu mets des photos, mots, typographies, images, icônes, couleurs, etc. qui reflètent le style choisi au moment de développer ton logo. Cela permet, grâce à une vue d’ensemble, de capter l’ambiance de ton projet créatif, de t’accompagner tout au long du processus d’inspiration puisque tu y regroupes les idées. Un autre avantage du moodboard est de bien te rendre compte, au moment de le présenter à ta/ton client.e, si vous êtes sur la même longueur d’ondes. Que tu ne commences pas à partir sur une idée précise de logo, si ce n’est pas le bon chemin !

Canva propose des templates de moodboard toutes prêtes à l’usage, très pratiques pour gagner du temps, même si personnellement, je préfère passer par mes chouchous d’Adobe 😉

design graphique graphiste

3- Ne pas faire de déclinaison du logo

Un seul logo est difficilement adaptable sur tous les supports de communication. C’est pourquoi il est primordial de le décliner afin qu’il puisse s’intégrer partout où on en aura besoin. La déclinaison peut-être : le nom seul, juste un élément, une vignette, différentes couleurs, etc. Il est d’ailleurs important de bien connaître les besoins de l’entreprise en avance ainsi que les futurs supports d’utilisation !

4- Suivre la « mode »

Suivre les tendances et la mode en design graphique peut-être à double tranchant ! Un logo est construit pour traverser les époques alors qu’une « mode » s’essouffle au bout d’un moment et bim, le logo n’est plus au goût du jour ! Cela ne t’est jamais arrivé d’apercevoir un logo et de te dire qu’il est dépassé ?!

Alors bien entendu, il est possible de faire une refonte mais peut-être pas chaque année non plus 😉 Je pense qu’il faut un bon équilibre et n’hésite pas à regarder du côté des fondements du design graphique, qui ont bien traversé les époques ! Quand je vois le travail de Brockmann par exemple, j’ai du mal à me dire que cela date des années 60-70. (je sais, j’en parle beaucoup mais je suis une passionnée)

5- Trop charger le logo

« Less is more »

On a tendance à vouloir en mettre beaucoup trop ! Quand tu ajoutes un élément, quand tu choisis une typo, etc. poses-toi toujours la question : pourquoi ? Quelle en est l’utilité ? Si ta réponse est parce que c’est joli, cela n’a rien à faire là. Un logo ne doit pas juste être beau, il doit surtout fonctionner ! Rien de tel que le minimalisme pour ça !

6- Ne pas établir de hiérarchie, équilibre et contraste

Il y a des sortes de lois en design graphique à respecter pour qu’une création fonctionne. Ces règles ne sont pas décidées par hasard. Pour qu’une création graphique soit « appréciée » et comprise par notre cerveau, il est important d’utiliser du contraste, de l’équilibre mais aussi de hiérarchiser les éléments (formes, typographies, tailles, couleurs).

Je t’invite à en lire plus sur la théorie de Gestalt, grand principe fondateur qui regroupe plusieurs lois de base. En bref :

« D’après la théorie de la Gestalt nous percevons primordialement des formes globales et non des détails . Il s’agit pour notre cerveau de faire une synthèse, un assemblage qui rend l’ensemble compréhensible, rapidement. Pour cela plusieurs mécanismes cognitifs complexes traduisent ce qui est perçu, de façon physique, par l’œil. » (source nu design)

7- Ne pas étudier précisément les besoins de ton/ta client.e

Avant de te lancer à l’aventure, il est nécessaire de bien capter ce que veut ta/ton client.e ! Établir premièrement un questionnaire type très précis, que tu lui fais remplir. Puis échanger de vive voix pour être 100% sûr.e.s que vous parlez le même langage (et c’est toujours plus agréable d’être face à un.e humain.e). Pour finir, développer ton moodboard et vérifier ensemble si tu es sur le bon chemin ! C’est jusque là une technique infaillible de compréhension mutuelle 🙂

graphiste graphic design

8- Créer un logo seul

De mon point de vue, un logo tout seul ne suffit pas à développer une identité de marque ! C’est bien l’ensemble de tous les éléments d’une identité visuelle qui font d’une marque qu’elle est unique, reconnaissable et harmonisée ! Je t’ai déjà fait tout un speech sur le pourquoi du comment une identité visuelle pour une marque, je ne vais pas me répéter et te laisse te rafraîchir la mémoire par ici !

 

9- Ne pas faire de croquis à la main

Conceptualiser un logo, ça passe d’abord par un crayon, un carnet, des croquis, une terrasse et une bière (pardon, je m’égare 🙂 ) ! Oui, je sais, ce n’est pas parce que tu es graphiste que tu es un.e super dessinateur.trice mais le but est de mettre sur papier tes idées, te rendre compte de ce qui fonctionne, laisser la créativité se développer !

graphiste design graphique

10- Ne pas prendre de recul et aller vite

Quand tu demandes à ta/ton client.e pour quand iel veut son logo, il te répond « le plus vite possible » (lol) et toi, tu as tendance en conséquence, à vouloir aller vite ! Ne serait-ce pas comme ça qu’on bâcle le travail ?

Il est important d’établir d’entrée de jeu une deadline raisonnable (tu connais ton boulot, tu sais estimer, fais toi confiance) qui te permettra de prendre le temps nécessaire pour mener à bien ce nouveau projet !

Pense aussi à sortir la tête du guidon. Tu es plus efficace en étant raisonnable, sortir prendre l’air 20 minutes, avoir du recul et revenir, c’est magique !

graphic design graphiste

11- Passer directement à la création sur ton logiciel

Est-ce-que tu sais que dans la création graphique, c’est finalement 20% de travail sur ton logiciel et 80% sur toutes les autres étapes en amont (échanges, recherches, croquis, réflexion, etc.) ?! Je n’ai pas besoin d’en ajouter plus ! Illustrator en dernier, c’est la consécration ultime !

graphic design

12- Utiliser des couleurs ou éléments parce que cela te plaît

Bon, je me répète un peu mais jamais assez : les choix sont faits pour répondre au besoin ! Les éléments sont choisis en fonction, l’assemblage pour que cela fonctionne bien et évidemment que l’esthétique compte mais tu ne construis pas un logo juste parce que l’idée est tombée du ciel et parce que tu trouves que le bleu et le jaune c’est joli !

Selon le domaine professionnel, des « codes » couleurs ou un langage visuel existent déjà (ex.: vert=écologie, feuille=naturel) et il y a aussi la psychologie des couleurs à ne pas négliger ! Des pistes ici et !

13- Ne pas créer une version en noir et blanc

Il est très important de penser à créer une version du logo en monochrome, c’est à dire noir et blanc, pour les raisons suivantes :

  • impression sur des formats spéciaux (relief, broderie, 3D, etc.)
  • impression en noir et blanc
  • envoie de fax
  • scan de documents
  • partenariats

14- Ne pas tester la taille minimale du logo pour la lisibilité

Un logo a une taille de lisibilité minimale. Cela dépend de l’épaisseur des typos et des contours de formes. Il est important de savoir jusqu’à quelle taille on peut diminuer un logo pour qu’il reste propre et lisible.

15- Ne pas créer un manuel d’utilisation précis

Au moment d’envoyer les fichiers finaux à un.e client.e, il est très important d’envoyer un manuel d’utilisation ! Il servira aux personnes qui pourront ainsi utiliser le logo correctement ! Bonne taille, bonne déclinaison, ne pas le déformer ou enlever un élément, etc. !

Le manuel doit principalement contenir :

  • les déclinaisons, où et comment les utiliser
  • les codes couleurs
  • la taille minimum
  • les zones de protection (espaces à respecter autour du logo)
  • les choses à ne pas faire

J’aime bien également raconter brièvement comment j’en suis arrivée à ce logo en introduction !

Voilà pour les erreurs les plus courantes à ne plus commettre au moment de créer un logo 😉 Mais peut-être il y en a qui sont passées à la trappe, n’hésite pas à m’en faire part ici !